Speed Blogging : L’édition musicale vue par Jean-Christophe Bourgeois, General Manager de Sony/ATV

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Jean-Christophe Bourgeois est chez Sony/ATV depuis 20 ans. Le General Manager connaît à la perfection les coulisses de l’édition musicale. Il était l’invité de la 13ème Journée de la Création TV orchestrée par L’APA et Jean Francois Boyer. La Ruche Media était au Studio Gabriel hier pour couvrir l’évènement. La musique a-t-elle une place suffisante à la télévision ? Les jeunes sont-ils attirés par les concerts télévisuels ? Les enjeux du streaming ?…

 

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20 ans de carrière chez Sony, vous avez donc vu commencer la crise et vécu ses effets ?

La crise dure depuis 10 ans, en effet.

 

Est-ce plus facile pour un gros groupe comme Sony de parer à ce bouleversement ?

C’est peut-être plus facile parce que nous étions mieux préparés. On était habitué historiquement à voir nos œuvres exploitées de différentes façons et par conséquence de tirer un revenu de sources différentes. On gagne de l’argent quand une œuvre est reproduite sur un disque mais aussi quand elle passe à la télévision, à la radio, en club ou sur scène. Alors que les producteurs phonographiques, eux,  gagnaient sur la vente du CD, donc ils étaient moins préparés à la crise. La restructuration a été complexe, le marché a perdu la moitié de sa valeur en 7 ans.Images intégrées 1

 

L’espoir est-il de mise ?

Jean-Christophe-Bourgeois-Sony-ATV-La-Ruche-Media

Bien, malgré tout, il y a une résilience de tous les acteurs et on sent que pour la première fois depuis plusieurs années pointe une petite lueur d’espoir. On est passé du CD à une phase de téléchargement. Une phase parce que je pense qu’en France ça n’a jamais vraiment pris. Les français, aiment s’approprier un objet ! Donc les scores de téléchargement ont toujours été extrêmement faibles. Par contre, le streaming est un véritable autre modèle qui a des avantages certains. Il a représenté un peu plus de 100 millions de chiffre d’affaires en 2015 pour les producteurs phonographiques. C’est 20% du marché et c’est en forte croissance. Il y a là, une perspective d’un business model différent.

 

L’abonnement à Deezer ou Spotify devient donc un reflexe ?

C’est de plus en plus répandu. En Suède, 70% des foyers sont abonnés à Spotify… Alors… c’est un fantasme qu’ici un grand nombre de foyers soit abonné comme à l’eau et à l’électricité.

 

Votre spécialité est la gestion des droits d’auteurs. Avec ce nouveau modèle économique, s’éparpillent-ils dans la nature ?

Sony-ATV-Music-Publishing

Votre terme est bon et malheureusement dans toutes les exploitations de streaming, les taux que nous percevons sont assez bas et ne parlons pas de Youtube où là, ils sont très faibles. On est encore dans une phase de transition, et nous devons établir une économie en discutant sur le partage de la valeur avec les auteurs-compositeurs. Ils sont très sinistrés. Aujourd’hui, vivre en étant qu’auteurs-compositeurs uniquement sans aller sur scène et interpréter, c’est difficile.

 

Nous sommes à la 13ème édition de la Journée de la Création TV. Vous faites partie du Débat « Où sont les jeunes ? ». Que pensez-vous de l’offre musicale qui leur est faite ?

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The Voice est regardé par les jeunes et ce sont eux qui votent, donc quand on leur propose une mécanique qui leur parle, ils sont au rendez-vous. Ce que je retiens, c’est la notion de Communauté que génère The Voice. Je pense aussi aux festivals qui ont lieu au mois de juin, ils ont en commun des valeurs identifiées  et partagées. Les jeunes ont aussi la capacité de développer un monde parallèle où ils sont en contrôle donc il faut donner plus de place aux jeunes auteurs qui émergent de cette génération. J’ai la chance de développer des artistes dans le secteur de l’humour, notamment, et je vois qu’ils ont une envie forte de franchir le pas et d’aller en télévision mais ils ont d’abord construit avec des vidéos Youtube, puis consolidé sur scène. Avec la communauté vient la notion d’authenticité, et comment avoir une authenticité en 10 minutes ?

 

Ce travail de développement impose un artiste sur la durée. Que représente le single One Shot pour l’industrie musicale ?

C’est la grande question du moment : un retour au format single et le one shot peut générer énormément de streaming. C’est aussi une mission du secteur de développer des titres à succès. C’est économiquement très rentable. Il faut être sur les deux formats.

 

Euro, Fête de la musique, La Chanson de l’année… Juin a été un flux continu de concerts à la télévision. Les scores n’étaient pas négligeables. Est-ce une bonne nouvelle pour vous ?

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En effet, le mois de juin a été musical. Les chaînes se posent la questions des jeunes et de leurs intérêts, ça serait fou de ne pas se préoccuper de l’offre musicale. Les scores de la musique live sont bons : le dernier Solidays a fait  200 000 spectateurs, et c’est un record. Il y a une réelle appétence pour la musique mais sous différentes formes et il faut savoir comprendre ces attentes pour y répondre.

Yasmina Jaafar

Yasmina Jaafar

 

 

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